De la joie au travail

Les 4 clés de la joie au travail ?

  • Reprendre conscience qu’on ne gère pas le temps, mais des « gens » !
  • Gérer les gens ne demande pas toujours du temps, mais de l’attention
  • Passer des « to do list » aux « to do with »
  • Un seul critère pour prioriser : la joie que l’interaction avec cette personne nous procure

Pour nourrir mes formations en management, et permettre aux managers de construire des organisations plus inclusives, j’ai parcouru des tonnes de pages sur le bonheur au travail, sur l’entreprise libérée, sur le mindfulness, et rien ne me convenait.

Je trouvais la plupart des approches trop compliquées, trop déconnectées, trop prometteuses d’un état qui exigeait de sortir du monde du travail, rendant parfois le retour à l’interne encore plus difficile.

Je cherchais quelque chose de simple, qui tienne dans une main, dans une poche, et que chacun puisse emporter partout pour l’utiliser tout le temps.

Et je suis tombée sur un livre qui n’a pas au début changé ma vie, juste mon armoire.

Le best-seller de Marie Kondo « La Magie Du Rangement » m’avait littéralement scotchée.

Le livre dit en substance que pour ranger son armoire, il faut d’abord jeter. Pour pouvoir jeter ? Il faut tenir dans la main un objet et se poser la seule question qui vaille « cet objet me procure-t-il de la joie? »

De la joie ?? Un pull ? De la joie ? Un sac ??

Plein d’autres critères autrement sérieux et importants me venaient en tête, tels que l’utilité, les souvenirs évoqués, l’héritage et la transmission etc…mais de la joie ?

Mon armoire allait se vider d’une manière dramatique pensais-je.

Oui, ce fut le cas. Et ce fut bénéfique, durablement bénéfique. Une vraie transformation de vie.

En concevant mes formations, et notamment sur les questions d’efficacité, de gestion des priorités et du temps, j’avais déjà commencé à élaborer un premier changement d’approche. Il consistait à dire aux managers « On ne gère pas le temps vous savez, il avance tout seul, inéluctablement. Mais on gère les gens. Et eux comme nous, seuls, on n’avance pas bien loin ».

Je leur demandais alors de modifier leur agenda, d’oublier les « to do lists » et autres « emplois du temps », pour les remplacer par des « to do with », en mettant en avant toutes les personnes avec lesquelles ils sont sensés interagir dans une journée, du réveil au coucher. L’interaction se faisant en face à face, par mail, vidéo conf ou téléphone.

Les listes étaient impressionnantes, souvent une page ne suffisait pas.

L’exercice permettait de voir qu’on ne priorisait pas assez, certains s’apercevaient qu’ils négligeaient les interactions non professionnelles, d’autres au contraire, surtout des femmes, accumulaient les interactions d’ordre personnel et professionnel.

Je leur demandais ensuite d’appliquer un critère pour sélectionner, prioriser, eu égard aux personnes, et non pas à la tâche ou à l’action.

Le seul critère, leur disais-je, en m’appuyant sur Marie Kondo, la seule question qui vaille est « interagir avec cette personne va-t-il me procurer de la joie ? »

Premières réactions spontanées : « non mais c’est n’importe quoi, la joie ? Au travail ? Souvent j’ai pas le choix, alors la joie…! La joie est un sentiment trop fort, c’est disproportionné ».

Difficile pour chacun de sortir de la matrice urgent/important d’Eisenhower, apprise comme de bons soldats pendant des années. Tout est devenu urgent et important de nos jours. Mais en appliquant ces critères et en donnant la primeur à l’urgence, on s’aperçoit que finalement beaucoup de personnes vont passer à la trappe. Notre famille, les inconnus, les amis, les collaborateurs juniors, les clients satisfaits etc…

Difficile d’avoir une simple émotion positive pour guider nos choix professionnels.

Mais la joie est un sentiment qui a plusieurs degrés, plusieurs nuances, du simple sourire, du simple plaisir à l’allégresse.

Mais l’être humain et le manager en particulier est ainsi fait. On accepte de se poser la question pour un vêtement, mais on a du mal à appliquer ce critère aux personnes !

Donner de la joie, en recevoir. Du simple chauffeur de bus à notre patron, de la dame de service au collaborateur, autant de sources de joie, au quotidien, que l’on néglige. Donner de la joie fait gagner du temps et nous rend plus efficaces. Une réunion qui ne nous donne pas de joie peut être écourtée et reportée à une autre occasion de joie. Négliger de voir un collaborateur ou des N-4, quantités négligeables, au regard de la joie qu’une simple interaction (un salut, un sourire, quelques paroles) avec eux pourrait nous procurer, c’est autant de source d’énergie en moins.

Cela ne coûte rien d’essayer, et la joie, de par sa simplicité fonctionne en économie circulaire : en donner permet d’en recevoir.

Ce fut une joie pour moi de partager cet article ce matin avec vous, une joie encore plus grande si je vous sais en avoir reçu.

Comments are closed.